L'art et les coquillages

La passion des hommes pour les coquillages remonte à l’origine des temps.

Devant leur diversité de formes, de couleurs et de dimensions, l’homme a très vite porté sur eux un regard de curiosité.

Il y a 80 000 ans déjà, un homme de Néanderthal s’émerveillait devant des coquillages fossiles trouvés par hasard.

Détournés de leur fonction utilitaire et sans doute porteuse d’une signification pour lui, il en constitua la première collection connue, ainsi qu’en témoignent les vestiges trouvés lors d’une fouille archéologique en Bourgogne.

L’homme en a ensuite fait des parures au paléolithique, des monnaies d’échange, des emblèmes à valeur religieuse, des décorations.... Puis, lorsque l’homme commence à façonner des jardins pour son plaisir, il utilise le coquillage comme ornementation, notamment dans les rocailles. On en connaît actuellement un éventail extraordinaire.

On peut en trouver dans tous les milieux, sous forme vivante, morte ou fossile, et dans tous les coins du monde.
Ils témoignent de la fascinante inventivité plastique de la nature.

Un grimoire renfermant les secrets de la nature.

Du XVème au XVIIème siècles, les cabinets de curiosités et autres naturalias fleurissent. Les coquillages y font bonne figure, montrant à quel point ils fascinent pour leurs formes, leur beauté et leur étrangeté.  

Dès les origines, le mot curiosité est rattaché à l’activité artistique ou scientifique du collectionneur amateur et désigne à la fois l’état du sujet et la nature de l’objet. Au plaisir, à la jouissance esthétique de posséder ces merveilles nacrées, se mêle étroitement la curiosité scientifique.

Ainsi on explore, on cherche fiévreusement et on collectionne les espèces qui provoquent ces interrogations : animale, végétale ou minérale ? comme les fossiles ou les coraux, par exemple. On espère qu’elles recèlent des clés pour déchiffrer les mystères de la création...

On peut en voir des manifestations aussi bien dans la littérature que dans la peinture...